La playlist de Greg !

Peux-tu te présenter ? 

Je suis Greg Demson, batteur du groupe STEVE AMBER. J’accompagne aussi d’autres projets comme Parlor Snakes, Bravery In Battle et je fais des sessions studios pour des artistes. Je donne également des cours de batterie et je travaille actuellement sur un projet solo. 

Et en un mot ? 

Hyperactif

Quel est ton rôle au sein du label ?

Pour l’instant je ne fais pas grand chose. Avec STEVE AMBER, nous finalisons les éléments liés à la sortie de notre premier album donc nous sommes bien occupés pour pouvoir relancer la machine dès que ce sera possible. Ayant géré pendant cinq ans les tournées de STEVE AMBER et ayant l’habitude d’être en contact avec les salles/festivals, je pense que je pourrais être amené à aider les projets du collectif sur les dates de concerts, que ce soit de l’aide pour le booking ou de la régie. Je pourrais aussi aider/conseiller les artistes qui le souhaitent sur des subventions. Je me suis bien penché sur la question pour l’album du groupe donc je pense pouvoir aider sur ce point là également. 

Qu’est-ce que tu aimes chez TADAM ?

L’idée de faire quelque chose de différent avec des valeurs humanistes, égalitaires et paritaires au premier plan. Ce n’est que le début de l’aventure et il y a encore beaucoup de choses à améliorer mais c’est en bonne voie et nous tachons de mettre une communication bienveillante au sein du collectif. Pour que chaque membre du collectif puissent se soutenir les uns les autres pour avancer ensemble.

Quel est ton parcours musical ? 

Il y avait tout le temps de la musique chez moi que ce soit la radio en fond ou ma mère jouant du rock n roll au piano avec le chien qui chantait à côté, comme dans le live à Pompei de Pink Floyd, donc quand on m’a demandé si je voulais faire de la musique, je trouvais l’idée chouette. 

J’ai donc commencé la batterie à l’age de 6 ans dans une petite école de musique de quartier à Brest. Je suis ensuite allé au Conservatoire de Brest où j’ai appris en plus de la batterie, le solfège et les percussions classiques, africains et latines. Je jouais dans les orchestres de la ville et j’ai commencé à faire des concerts à la batterie dès l’age de 7 ans. J’ai poursuivi le conservatoire jusqu’à obtenir les diplomes de fin d’études et je suis ensuite parti à Rennes en fac de Musicologie et au Conservatoire en cursus Jazz. J’y suis resté 4 ans et je suis parti à Paris où j’ai passé mon DEM Musiques Actuelles au CRR de Paris. Une fois les études terminées, j’ai choppé un job de surveillant à mi-temps dans un collège et j’ai commencé à faire des sessions studios à Paris ainsi que des remplacements sur des tournées (Nosfell, DBFC, Marine Quéméré, Bebe Rexha…). Je vis de la musique depuis 4 ans maintenant et j’adore ce que je fais. Depuis 2015, je travaille sur mes différents projets, principalement STEVE AMBER que j’ai fondé avec mes deux meilleurs amis et avec qui nous allons sortir notre premier album qu’on a hâte de faire écouter. Je reprends doucement les répétitions et résidences pour les tournées à venir qui je l’espère reprendront bientôt.

Quelles sont tes influences ? 

J’écoute beaucoup de choses différentes mais en tant que musicien, je pense que j’aime les multiinstrumentistes. Notamment les songwriters qui sont des batteurs incroyables et très créatifs comme Jack White (The White Stripes, The Raconteurs, The Dead Weather), Ty Segall, Kevin Parker (Tame Impala), Elliott Smith, Dave Grohl (Nirvana, Foo Fighters), Joshua Homme (Queens Of The Stone Age) ou Trent Reznor (Nine Inch Nails). Sans oublier les essentiels Beatles, Led Zeppelin et Pink Floyd sans qui nous ne ferions pas tout ça.

Tous ces artistes pour qui, selon moi, sont toujours à la recherche d’un nouveau son lié à une idée simple. 

Je suis aussi très touché par la vague punk qu’il y a en ce moment avec Idles, Shame, Metz, Squid ou Girl Band. Cette atmosphère brute, spontanée et violente qui, pour moi, reflète parfaitement le monde chelou dans lequel nous vivons. Ça me parle totalement. Je trouve ça très important de garder cette sensibilité immédiate dans une époque où on veut tout contrôler, tout peaufiner sans arrêt, à la recherche constante d’une perfection inexistante. Ça permet de préserver une sincérité qui se fait de plus en plus rare.

Je commence également à m’intéresser à la scène hip-hop/spoken words comme Kae Tempest, Mac Miller, Tyler The Creator ou Kendrick Lamar chez qui j’entends plein de choses nouvelles, qui ne viennent pas de ma culture à la base mais qui me donnent pleins d’idées et me font bien réfléchir sur de nouveaux sons et des thèmes à aborder dans ce que j’écris. 

Un artiste que tu écoutes mais que t’assumes pas trop ? 

J’assume tout ce que j’écoute. Après ça ne veut pas dire que j’aime tout. Il y a pleins de choses aujourd’hui que je ne comprends pas. Mais les avis sont fait pour évoluer. Si j’entends quelque chose que je n’aime pas, j’essaye de savoir ce que l’artiste a voulu raconter. Ça m’a souvent fait changer d’avis sur un artiste que de me plonger dans son univers. Du coup une liste hyper longue d’artistes à écouter. Ils existent tellement de choses aujourd’hui et c’est important d’en connaitre le maximum. 

Ton meilleur souvenir de concert

Là comme ça, deux m’en viennent en tête.

Le premier : IDLES à la Route du Rock 2019. Juste avant eux il y avait eu Fontaines D.C. que j’avais trouvé super naze (bien que j’adore ce groupe) et juste après, cinq fous débarquent sur la scène et j’ai été scotché par l’efficacité de leur musique et la sincérité de leur show. Je ne connaissais aucuns titres avant le concert et je les ai fredonnés toute la soirée ensuite. Mais ce qui m’a le plus atteint c’est cette vague de bienveillance et d’exutoire qu’on ressentait autant sur la scène entre les cinq musiciens que dans la foule. Une interaction de dingue. Avec des gens qui montent sur scène pour hurler dans le micro puis sauter dans la foule. Les gens hurlaient les paroles, sautaient partout et avaient l’air tellement heureux. C’était beau. Brutal et beau.

Deuxième souvenir : FUZZ à Rock en Seine 2015. Je venais de découvrir le prolifique Ty Segall comme songwriter mais je ne savais pas qu’il était batteur également. Encore une fois une claque de simplicité et de spontanéité qui m’a donné le sourire pendant tout le set. Je me souviens qu’ils ont eu pleins de soucis de matériels pendant le concert et malgré cela, ils n’ont rien lâché. Je ne suis pas sorti du concert et ça m’a conforté dans l’idée qu’il faut garder une part de risque dans la musique. Savoir jouer avec l’inconnu et le sentiment d’inconfort pour créer un nouveau ressenti.

Ta pochette d’album préférée ?

La pochette du premier album de STEVE AMBER ;-). J’aime beaucoup aussi la pochette de 22, A Million de Bon Iver

Une BO de film qui t’a marqué ?

Dead Man de Jim Jarmusch sans hésiter. La guitare de Neil Young me fout des frissons à chaque fois que je l’entend. Encore une fois, une idée simple.

Ton album préféré ou Top 3 ?

Un album c’est trop dur… 🙂

Toute la discographie de la carrière solo de John Frusciante, tous les albums d’Elliott Smith, Bon Iver, Bon Iver de Bon Iver et Morning Phase de Beck.

C’est quoi ton titre du moment, celui que tu écoutes en boucle ou que tu forces à mettre en soirée en criant “CA C’EST MA CHANSON!!!” ?

Territorial Pissings de Nirvana. Je la mets à fond en regardant les autres avec un regard genre « ça va partir, ça va partir…» et BOUM !. Je saute partout et je hurle le refrain. Il m’est arrivé récemment de le faire en voiture, les vitres ouvertes, le son au maximum et de hurler dans un quartier pavillonnaire après le couvre-feu. J’espère avoir fait peur à des gens. Cette chanson m’a également permis d’avoir un jour une discussion avec une personne qui n’écoutait pas du tout cette musique (elle ne savait pas qui était Kurt Cobain) et on a parlé de sincérité dans la musique à travers nos goûts respectifs qui étaient complètement à l’opposé. C’était très intéressant. 

Si on veut te faire chialer, il faut mettre quel son ? 

Before The Beginning de John Frusciante. J’ai l’impression que la guitare pleure et ça me prend aux larmes à chaque fois. Au même niveau, il y a I Need You de Nick Cave & the Bad Seeds. L’entendre chanter au bord de larmes me fout par terre. 

Un mot pour décrire ta playlist ? 

Egalitaire

Et tes parents ils écoutaient quoi ? A quoi étais-tu bercé ?

Ma mère est plutôt musique francophone (Stephane Eicher, Etienne Daho, Véronique Sanson, Maxime Le Forestier…) mais aussi des groupes comme Pink Floyd, The Beatles ou Simon and Garfunkel. Les classiques. Mon père est plutôt musique anglophone (Dire Straits, Fleetwood Mac, Barclay James Harvest, Toto, Led Zeppelin…). J’ai plus penché de ce côté là.

Après, leurs goûts musicaux se rejoignent beaucoup et évoluent aussi donc tout les artistes mentionnées plus haut étaient écoutés par toute la famille. En résumé, j’ai grandi avec la pop des années 90, et le rock des années 70. Jusqu’à ce que je découvre le punk à 13 ans avec Sum41, Blink 182, The Offspring et Green Day qui m’a foutu une grosse claque et qui m’a fait m’intéresser aux vieux groupe de punk comme les Stooges, les Ramones ou encore Rancid et Black Flag

A quel moment écoutes-tu le plus de musique ? 

Sur la route. Mais de la musique j’en fais tout le temps donc on pourrait dire que j’en écoute constamment. 

Question pour les geek de matos, sur quoi tu joues ? Quel est ton set-up ? 

Je joue sur une Gretsch Catalina avec un kick de 24“, deux tom basses et un tom Slingerland Radio King des années 50 sur lequel on a rajouté un timbre pour l’utiliser comme une caisse claire. Ça me procure un son bas et tribal qui grogne comme j’aime. En cymbales, je me suis fais un kit Zildjian avec une ride K Light de 22“, une Spiral Thrash de 18“ et un Hi-Hat que j’ai constitué avec mes deux premières crashs de 16“ et 17“. Ce qui apporte du baveux au gras qui grogne. J’aime aussi utiliser pleins de petits gadgets comme des tambourins, des shakers, des casseroles, des bouts de tolles ou encore des cannettes.

J’ai récemment rajouté à mon kit une drum machine que je branche dans un pedalboard constitué de fuzz et de delay. Ce qui élargit ma palette sonore pour créer et me permet de me perdre dans des atmosphères accouplant le synthétique à l’organique. 

Le mot de la fin 

Free energy is real ! 

La playlist

– Before The Beginning de John Frusciante
– The Magician d’Andy Shauf
– Rid Of Me de PJ Harvey
– Healing Is A Miracle de Julianna Barwick
– Wouldn’t Mama Be Proud d’Elliot Smith
– Down de St. Vincent
– Air Bnb de Kim Gordon
– Blankenship de DIIV
– Europe Is Lost de Kae Tempest 
– 88% de Philippe Katerine