La playlist d’Henri

Chaque semaine on vous présente plus amplement un membre du label. Ce jeudi, c’est Henri qui est à l’honneur. On y parle TADAM mais surtout de son parcours en tant que musiciens ainsi que ses influences. On vous laisse le découvrir !

Peux-tu te présenter ?

Je suis Henri, guitariste et chanteur slacker de Shoefiti. Slacker parce que je ne chante, ni ne joue très bien. Mais je le fais avec mon propre style maladroit et charmant espérant toucher au moins dix personnes autres que ma mère – qui trouve que tout ce que je fais est génial (en vrai, elle trouve que la fuzz c’est un peu trop bruyant). Quand Mr Hyde retourne au placard, je deviens Lord Henri d’Amancourt et j’œuvre en tant que réalisateur audio/mixeur pour aider les groupes à accoucher de morceaux en tournant des potards virtuels mille fois sur mon ordi.

Et en un mot ?

Créatif

Quel est ton rôle au sein du label ? 

Pour l’instant, avec l’actualité de Shoefiti au repos forcé, on profite de la croisière dans des cabines première classe à l’arrière du navire Tadam. Donc notre rôle est plus spectateur et d’amener quelques idées (quand on en a) aux réunions.

Après, à titre personnel et dans un futur plus lointain, mes compétences d’ingé son/mixeur pourront certainement servir pour les médias du label (vidéos, sessions live). Comme Tchaz de STEVE AMBER, je suis bilingue donc je pourrai aider à vérifier les paroles des copains qui en ressentent le besoin.

Qu’est-ce que tu aimes chez TADAM ? 

J’aime l’idée de rassembler des gens aux valeurs communes autour d’un collectif pour avoir une force de proposition plus importante auprès des autres acteurs du milieu. Il y a beaucoup de groupes sur le terrain et je comprends que cela soit compliqué de tout suivre pour un programmateur par exemple. Ne plus être seul et avoir un soutien, aussi minime soit-il, rassure et motive à aller de l’avant. On doute beaucoup dans nos métiers: retrouver ces problématiques chez les copains aide à prendre du recul. 

Quel est ton parcours musical ? 

J’ai grandi avec un synthé vraiment pourri délaissé par mon frère. Vous savez, ces vieux trucs Yamaha sur lesquels on colle des gommettes de couleur pour reconnaître les notes et on appuie sur le bouton Demo pour impressionner les copains. Au lycée, j’ai suivi des cours de Piano Jazz Improvisation. C’était une méthode sans solfège mais extrêmement formatrice. Le jazzman qui m’a instruit m’a appris plus que le piano : il fallait retrouver la tonalité d’un morceau que j’aimais à l’oreille, reconstituer la grille d’accords, développer une ligne de basse à partir de là pour improviser dessus en faisant des propositions mélodiques…

J’ai appliqué tout ce que j’ai appris au piano à la basse quand j’ai monté mon premier groupe. J’ai passé des années dans des groupes à être le sidekick qui épaule le frontman du mieux possible. En parallèle, je m’étais aussi mis à la guitare pour composer et enrichir mon vocabulaire de bassiste. Il faut comprendre qu’au départ il n’y avait aucune ambition derrière Shoefiti. C’était un side-project perso en marge de mes groupes. Je n’avais pas prévu de développer le groupe plus que cela et encore moins de devenir frontman ou assurer le chant lead.

Quelles sont tes influences ? 

Elles sont comme mon alimentation : nombreuses et variées ! Mais pour ne citer que les plus évidentes, je suis un grand fan de Stephen Malkmus/Pavement et Elliott Smith pour leur écriture. Dans les personnalités plus heavy, je citerai forcément Josh Homme (QOTSA) et Ty Segall. Mais je sais aussi me détendre et faire la fête avec un bon LCD Soundsystem : j’adore le second degré des textes de James Murphy (en plus du son des albums). J’ai aussi grandi dans les nineties en écoutant beaucoup de formations plus « mainstream »de l’époque comme The Smashing Pumpkins (un blasphème pour tout fan de Pavement qui se respecte) ou Rage Against The Machine.

Un artiste que tu écoutes mais que t’assumes pas trop ? 

Il y en a un paquet ! Du vieux rock a papa comme Chicago ou le rock FM de Foreigner au hip-hop dancehall feministe de Mara – ah ah ah !

Ton meilleur souvenir de concert

Dans sa scénogrophie, le concert de Sufjan Stevens à l’Olympia pour The Age of Adz était absolument incroyable. L’impression d’être dans un vaisseau spatial avec des clochards célestes lookés en tenues TRON artisanales.

Les Savy Fav et Duchess Says sont deux formations complètement maboules en live chacune avec un·e frontman/frontwoman qui dépasse le commun des mortels.

En festival, je me rappelle d’une Route du Rock ou je suis parti très loin en enchainant Sonic Youth et LCD Soundsystem.

Dans les copains, The Psychotic Monks et STEVE AMBER m’ont laissé plusieurs fois bouche bée et abassourdi de plaisir.

Ta pochette d’album préférée

Il y en a tellement ! J’adore quand le visuel ne fait qu’un avec le son d’un disque. Je dirais peut-être ADORE de The Smashing Pumpkins : elle est sombre, gothique et mystérieuse. La pochette modulaire de Friends and Foes de Menomena était particulièrement astucieuse aussi.

Une BO de film qui t’a marqué 

J’avais un CD de Pulp Fiction dans ma R5 pendant de nombreuses années. Je l’ai beaucoup trop écouté mais c’est plus une compile de chansons qu’une véritabe BO. Memories of Green dans Blade Runner me met des frissons à chaque fois. J’adore chanter a tue-tête The Nightmare Before Christmas. Le travail de Danny Elfman est dingue.

Ton album préféré ou un TOP 3 ! 

Ok Computer de Radiohead, Mellon Collie and the Infinite Sadness de The Smashing Pumpkins, Figure 8 d’Elliott Smith, Rated R des Queens Of The Stone Age, l’intégrale de Pavement, How To Live On Nothing de Troy Von Balthazar… Woops, ca fait 6 !

Le 1er disque que tu as écouté ? ou un artiste qui a été une révélation pour toi ? 

A l’âge de deux-trois ans, ma mère avait un compilation sur K7 avec les tubes 80’s de l’époque. J’ai du faire mes premiers pas de danse sur Corynne Charby (Boule de Flipper) et Elsa (Papa t’en va pas). Mon premier bouleversement musical s’est fait dans le planetarium du Griffith Observatory de Los Angeles à trois ans : je m’étais endormi pendant la présentation des constellations pour me reveiller sur une fausse aube colorée au son de Here Comes The Sun des Beatles. C’était la plus belle chose que j’avais jamais entendue. Alors que la salle se vidait, je ne voulais pas quitter mon siège, à la surprise de mes parents qui étaient dans l’incompréhension totale.

C’est quoi ton titre du moment, celui que tu écoutes en boucle ou que tu forces à mettre en soirée en criant “CA C’EST MA CHANSON!!!” ? 

Hot ou Foufoune de Mara

Si on veut te faire chialer, il faut mettre quel son ? 

Can’t Make a Sound d’Elliott Smith. Si je me mets en face des enceintes et que j’écoute le texte, je craque au bout de 10 secondes. Wayne Gacy Jr. De Sufjan Stevens me bouleverse à chaque fois. Especially Me et Majesty/Magic de Low le font aussi. 

Un mot pour décrire ta playlist ? 

Fidèle.

Et tes parents ils écoutaient quoi ? A quoi étais-tu bercé ? 

Mon père adore le classique. Ma mère était très fière de ses disques de Cat Stevens. Mais c’est surtout mon grand frère qui m’a influencé tout du long de ma jeunesse : le Hard-Rock 70/80s, la scène grunge/indé du début des 90s, le jazz même quand j’étais ado… C’est surtout à lui que je dois mon éducation musicale !

A quel moment écoutes-tu le plus de musique ? 

Tout le temps, tous les jours. C’est une passion, une obsession et mon métier. Je reste curieux et avide de découvertes.

Question pour les geek de matos, sur quoi tu joues ? Quel est ton set-up ? 

Je joue sur une Jazz Loser : une copie de Jazz Master que j’ai conçue et montée moi-même en commandant les différentes parties a des différents artisans et luthiers. Cette démarche est importante pour moi. Aussi d’avoir un instrument qui me ressemble et qui peut encaisser les coups. Depuis qu’on est devenu un trio, mon signal est splitté en deux. J’ai un pedalboard pour le son de guitare et un circuit pour « créer » du grave ou jouer des lignes de basses tout en jouant la guitare avec un système d’octavers.

Mon pedalboard de guitare est en grande partie constitué de pédales de basse de par mon passif de bassiste : Fulltone Bass Drive (qui fait mon son principal), Electro-Harmonix Bass Micro Synth (pour les sons de fuzz épais ou chelous). J’ai enrichi mon vocabulaire de fuzz avec une Pharaoh de Blackarts Toneworks (extrêmement polyvalent) et une Roland Double Beat AD-50 que j’ai trouvée dans la rue et réparée (une fuzz-wah extrêmement abrasive et parfois capricieuse qui est mon arme secrète quand je veux un son de bulldozer). Un ami qui construit des pédales vient de m’offrir un Shoe-Fucking-Fiti qui est une copie customisée d’une Fender Blender et que j’ai hâte d’intégrer à mon pédalboard. Sinon j’ai aussi une Electro-Harmonix Pulsar (Tremolo) et un Dual Tap-Delay de chez Visual Sound qui me permet d’avoir des slapback déglingués comme des échos très aériens. J’avais pas mal d’autres jouets (Electro-Harmonix Bassballs modifiée) mais que je n’utilisais plus assez souvent pour justifier le poids et la place prise.

Tout ça attaque un MesaBoogie F-30, un combo à lampes suffisamment puissant pour envoyer le bois mais suffisamment léger pour ne pas me casser le dos 🙂

Le mot de la fin 

« I was dressed for success, but success it never comes. »

La playlist

Elliott Smith – Son Of Sam 

Troy Von Balthazar – Very Famous 

Menomena – Wet and Rusting 

Pavement – Grounded 

QOTSA – In The Fade 

The Smashing Pumpkins – 1979 

Les Savy Fav – Appetites

Duchess Says – Black Flag 

LCD Soundsystem – Us V Them 

Mara – Hot 

Nightmare Before Christmas – Sally’s song